quai des brumes
Quai des Brumes

Film français réalisé par Marcel Carné en 1938, troisième collaboration après « Jenny » et « Drôle de drame ». Adapté du roman « le quai des brumes » de Pierre Marc Orlan publié en 1927. Prix Louis-Delluc 1938.

Synopsis : Jean, un déserteur de l’armée coloniale, arrive au Havre d’où il veut quitter la France. Dans le bistrot de Panama, un original, il fait la connaissance de Nelly, jeune fille mélancolique terrorisée par son tuteur Zabel, qu’elle soupçonne d’avoir assassiné Maurice, son amant. 

Mon avis

Je revois ce film au moins quarante ans après l’avoir vu et peu apprécié. Dans les années 70, Carné était considéré comme dépassé, caricatural, avec ses histoires tragiques « théâtralisées », seuls les dialogues de Prévert gardaient un petit côté gouaille parisienne nostalgique, ironique que tout étudiant adorait ! Or, là c’est une vraie révélation. Ce décor de Alexandre Trauner sert d’écrin à cette tragique histoire d’amour entre deux êtres qui savent même avant nous qu’ils n’ont aucun avenir.

Michelle Morgan possède un jeu spontané et instinctif qui lui permet de surpasser totalement la théâtralité de certaines jeunes premières  de l’époque, entre passivité et provocation se jetant dans les bras d’un  Jean Gabin, qui a ici un don prédestiné d’être trouvé par les ennuis, véritable chevalier blanc à l’auréole ternie, dont la violence à fleur de peau éclate soudain dans enchaînement désespéré, le tout dans une atmosphère crépusculaire qui annonce bien évidemment la guerre.

Et comme toujours dans les films français de cette époque, ce sont les seconds rôles qui nous fascinent : le jeu cynique d’une modernité incroyable de Michel Simon, la lâcheté veule de Pierre Brasseur au visage poupin d’enfant gâté (qui se transformera en dix ans en vieil homme marqué par l’alcool et son questionnement sur sa « passivité » pendant la guerre). Mais, si j’exècre Robert Le Vigan « l’homme », son jeu de peintre intellectuel suicidaire sublime les autres.. Chef d’oeuvre ? Je ne sais pas, mais magnifiquement patiné , bonifié et transfiguré par le temps… dire que ce film fut considéré comme fasciste à sa sortie…

Ma note :  4,5 / 5

fiche technique

Ma réplique

  • T’as de beaux yeux, tu sais
  • embrasse-moi
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